Unlucky traveler. Regards de Russie: Métro de Moscou.

«L’essentiel est de construire le métro, l’histoire viendra bien après»

Le premier élément qui frappe en rentrant dans le métro moscovite c’est la profondeur de celui-ci, on a l’impression pour certaines lignes de descendre jusqu’aux profondeurs de l’enfer. Ensuite, après plusieurs minutes sur ces escalators, on arrive dans un univers de palais sous-terrain utilisant des tonnes de marbres, de granits, de pierres semi-précieuses, de céramiques décoratives, de mosaïques, de fresques, de sculptures,… La beauté des stations frappe pour sûr l’imagination.

Deuxième place du trafic passager dans le monde après celui de Tokyo, le métro de Moscou est l'un des grands mythes de l'Union soviétique. « Nous construisons le meilleur métro du monde » annonçaient en 1930 les hommes liges de Staline. Le métro de Moscou est composé de douze lignes d'une longueur totale de 305,5 kilomètres desservant 185 stations. C’est le moyen le plus rapide, sûr, confortable et pas cher d’aller à tout coin de la capitale.

Les travaux débutèrent en 1931, les deux premières lignes furent achevées en 1935 et présentées fièrement à la population soviétique, ainsi qu’aux visiteurs étrangers, comme une affirmation de l'efficacité et de la supériorité du système soviétique. À peine était-il évoqué que l’idée d’un projet d’un métro souterrain remontaient à la fin du XIXe siècle et qu’il était bien avancé avant la Première Guerre Mondiale, mais que la révolution de 1917 avait retardé. Les constructeurs du métro sont venus de tout le pays, près de 100 milles personnes, plus de 500 usines maîtrisant la production de nouvelles machines. Mais les équipements manquaient toujours, on travaillait beaucoup à la main et les ouvriers vivaient et travaillaient dans les conditions très difficiles.

En parallèle à la réalisation du projet de construction, un projet d’écriture de son histoire était en marche : des ouvriers sélectionnés, des fonctionnaires du parti communiste et de l'Organisation pour la jeunesse, ainsi que des ingénieurs, devaient témoigner, avec l'aide d’écrivains, de la manière dont cet incroyable ensemble architectural avait vu le jour et comment le fait de travailler pour le métro avait changé leur personnalité. Le métro devait « forger l'homme nouveau » et devint ainsi le réceptacle d’une symbolique lourde de sens : celui d’une ère nouvelle, d’un mode de vie meilleur, en un mot, de la vision du communisme. Le métro était et est un élément fondamental de l'identité soviétique.

Durant la 2ème Guerre Mondiale le métro fut utilisé comme abri lors des bombardements, après celle-ci, durant la Guerre Froide, la construction d’une partie profonde fut élaborée et devait servir d'abris contre les bombardements en cas de guerre nucléaire.

Aujourd’hui, après une histoire parfois tumultueuse, les stations de métro de Moscou sont désignées comme faisant partie des plus belles du monde1 et continuent de se développer.

Malgré que cela n'ait jamais été attesté par les autorités russes, il existerait un deuxième réseau de tunnels sous juridiction militaire, le Métro 2 appelé Д6 (D6) par le KGB, encore plus profond que le réseau « public », prévu pour l'évacuation de personnes clefs en cas d'attaque.

Sur toutes les lignes, les voyageurs peuvent déterminer la direction du train selon les annonces vocales. Pour les lignes radiales, une voix masculine indique un déplacement vers le centre alors qu’une voix féminine indique un déplacement vers la périphérie. Pour la ligne circulaire, la voix masculine indique un déplacement dans le sens des aiguilles d’une montre et une voix féminine indique un déplacement dans le sens contraire des aiguilles d’une montre.

Prenez le temps de parcourir le métro de la capitale car celui-ci renferme bien plus que sculptures, mosaïques et lustres en or, celui-ci fait partie intégrante de la vie des Moscovites actuelle et passée et renferme bien des secrets.