Avis des clients

Une croisière ferroviaire : le Transsibérien.

Un voyage sur le transsibérien, on en rêve , on lit , on compare et finalement on se décide en se demandant si l'on fait le bon choix. Le temps vous tient en haleine avec ses inévitables facéties, comme par exemple l'errance de ce virement international qui paiera le voyage: il est pourtant parti à la vitesse de la lumière mais n'arrivera qu'une semaine plus tard.

Le grand jour arrive, celui de monter dans un " samaliot" d' Aeroflot où nous sommes accueillis par de blondes hôtesses dignes du film "James Bond au pays des Soviets". À l'arrivée à Moscou ,la pancarte rassurante de " Russie Autrement" nous accueille . Elle sera ponctuelle et familière à chacune de nos escales dont voici le déroulement succinct :

Moscou, c'est une grande vitrine que chacun connaît un peu en images. Découvrir sur place cette ville est particulièrement instructif . Nous pouvons maintenant nous représenter la cité dans ses proportions et dans sa dimension historique .Nous y avons remarqué la propreté , l'impression d'espace et de sécurité, même dans des lieux dont il est bon de se méfier dans les grandes villes de France ( métro, parcs,...).

Ekaterinburg, ville industrielle inconnue de la plupart des Français , mérite vraiment de s'y arrêter . Comme nous l'a dit notre hôte, "ici, c'est la vraie vie, tous le monde travaille". Cette ville aérée , conçue d'une manière utilitariste, est agréable , même si elle n'est pas très "belle"dans le sens habituel du terme . La visite des lieux liés au drame épouvantable qui s'y est déroulé , l'assassinat de toute la famille impériale, laisse une profonde impression de tristesse . C'est peut-être et sans doute le moment le plus important du voyage.

Le changement de monde s'opère sur la route d' Irkoutsk . Cette région du Baïkal mériterait à elle seule un séjour prolongé , pour profiter de cette nature grandiose. Notre halte d'une nuit dans le village de Bolshie Koti nous a permis de comprendre le mode de vie des habitants de ce pays rude, avec le jardin, la serre, le banya ( qui nous a incités au bain , un peu frais, dans les eaux bienfaisantes du lac) .

Il ne nous est pas facile de parler de la Bouriatie à cause de la brièveté du séjour. Mais c'est là que l'on commence à appréhender l'immensité de la Russie, la variété des peuples et des cultures qui la composent. Par ailleurs, nous constatons toujours la propreté de ces villes, même si les moyens manquent certainement pour restaurer l'intégralité du patrimoine construit en bois.

À L'aboutissement de la ligne, Vladivostok est construite sur un site remarquable par ses atouts naturels. Géographiquement, c'est un peu la "San Francisco" russe avec ses rues en pente. Déjà, le vol retour se précise et nous y sommes restés trop peu de temps pour en parler plus longtemps.

La traversée prend fin et nous avons toujours du mal à mettre une échelle sur l'immense carte de la Russie... La lenteur relative du vieux transsibérien est son principal atout : un train à grande vitesse ne permettrait plus de se sentir hors du temps, d' observer ces endroits isolés où l'hiver doit s'installer comme une saison très longue.

Il est à noter que c'est toujours l'horaire de Moscou qui s'affiche sur les billets, dans le train et dans les gares. Nous avons donc toujours gardé une montre réglée en fonction de cette référence. En ce qui concerne l'horaire local, il y a sept heures de différence entre Moscou et Vladivostok. Dans le train, nous avons trouvé commode d'avancer notre autre montre d'une heure tous les quinze degrés de longitude ( à l'aide d'une carte de la Russie). Nous avons ainsi toujours été en phase avec le rythme solaire.

Nos efforts pour nous familiariser avec l'alphabet et un minimum de la langue russe n'ont pas été vains. La connaissance de l'alphabet est utile pour avoir des repères pratiques; Pouvoir communiquer un peu avec les gens qui ne parlent que le russe est agréable pour nous et bienvenu notamment pour le personnel du train . Nous avons apprécié le travail de ces personnes qui entretiennent parfaitement les wagons, rendant ainsi la croisière confortable. L'automne nous paraît avoir été le bon choix : belles journées, ni trop chaudes, ni trop froides, pas trop de monde ( et quasiment pas de touristes ) dans les trains .

À ce sujet, il est à noter que jusqu'à Ulan Ude, nous ne fûmes que deux dans notre compartiment ( comme en première classe ). Durant la dernière étape, nous avions la compagnie d'une famille bouriate. Bien qu'ayant sympathisé, nous avions des heures de sommeil radicalement différentes, et cela représentait une certaine contrainte sociale. En fonction de l'âge et du caractère des futurs voyageurs, il peut être raisonnable de se poser la question de sa propre adaptabilité.

Enfin pour terminer, parlons de l'organisation du voyage par " Russie Autrement": en résumé , nous n'avons eu aucun souci en ce qui concerne l'accueil , l'hébergement, les guides ( très sympathiques et compétents ), les horaires. Nous avions en plus une certaine inquiétude au départ, car Annick a de sérieuses restrictions alimentaires, mais nos hôtes, dûment informés par Ksenya, ont respecté ces exigences à quelques détails près. Si nous avons la chance de pouvoir repartir en Russie , nous le ferons de préférence avec cette équipe que nous félicitons pour son excellent travail.

Bernard et Annick.


Bernard et Annick Bernard et Annick