La campagne de Russie de 1812, anecdotes et faits intéressants

Nous avions présenté dans un précédent article sur Pierre Le Grand le début des relations diplomatiques entre la France et la Russie. Ses relations n’ont pas toujours été cordiales, et le meilleur exemple est la campagne de Russie de Napoléon Bonaparte en 1812, qui freina les ambitions de l’empereur et le mena à sa perte. Nous vous présentons 5 anecdotes et faits intéressants en rapport avec cet événement historique majeur.

L’origine du mot « bistrot »

Le mot « bistrot » provient du mot russe « bystro », qui veut dire « vite »

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de l’origine du mot « bistrot ». Après la défaite de Napoléon, la France accueille les armées étrangères, dont l’armée russe, présente dans la capitale. L’état-major russe interdit formellement à ses soldats de fréquenter les cafés et autres établissements servant de l’alcool. Malgré tout, la soif l’emportant, les cosaques en entrant dans les cafés réclamaient leur verre en criant « Bystro ! Bystro ! » en tapant du poing (« bystro » signifiant « vite » en russe). Voilà d’où proviendrait le mot « bistrot ». Cette théorie est encore très discutée par les linguistes mais demeure une anecdote amusante à raconter à vos amis.

La stratégie de la Terre Brûlée

La prise de Moscou par l'armée de Napoléon Ier

Lorsque la Grande Armée fit son entrée sur le territoire, l’armée russe pratiqua la tactique de la terre brûlée qui consistait à détruire ressources, bâtiments, moyens de production ainsi que tout ce qui pouvait être utilisé par l’ennemi afin de l’affaiblir. Cette stratégie sera d’ailleurs reprise lors de la Grande Guerre Patriotique contre l’Allemagne Nazie sur le Front de l’est.

Moscou a ainsi subi un terrible incendie durant cette guerre alors que l’armée Napoléonienne venait d’entrer dans la capitale et livrait bataille aux forces du tsar. On ne sait pas si cet incendie faisait partie de la politique de la terre brûlée ou s’il est l’œuvre des pillages puisqu’aucun ordre n’a été donné dans ce sens, ni de Napoléon ni du tsar Alexandre Ier. Toujours est-il que lors de cet effroyable incendie, le Kremlin faisait partie de ces quelques bâtiments qui n’ont pas succombé aux flammes, comme pour symboliser la force et la volonté de l’armée russe.

« C’est la Bérézina »

La Bérézina est une rivière de Biélorussie, l’affluant du Dniepr

Une expression qui désigne une défaite cuisante, une situation extrêmement désagréable. Cette expression tire son origine de la déroute de l’armée Napoléonienne suite au violent incendie de Moscou. Alors que la troupe revient sur ses pas, en proie au froid et mourant de faim, elle arrive devant la Bérézina, rivière de Biélorussie. Nous sommes en novembre et l’eau de la rivière est glacée, pas question de la traverser à la nage. Alors que la température avoisine les moins 30 degrés, les pontonniers vont construire deux ponts permettant de la traverser. Des 70 milles hommes qui composaient cette armée, seuls 40 milles pourront la franchir. En effet, on détruisit les ponts pour ne pas permettre à l’armée ennemi de les emprunter, alors que de l’autre côté se trouvaient encore de nombreux soldats retardataires.

Voilà donc d’où vient l’expression « c’est la Bérézina ! », en souvenir de cet échec de l’armée napoléonienne.

Des traces de cette campagne dans les œuvres russes…

« Guerre et Paix », le roman de Lev Tolstoï sur l'histoire de la Russie à l'époque de Napoléon

La campagne de Russie est au cœur de plusieurs œuvres, que ce soient du côté français ou du côté russe. Ainsi, le célèbre écrivain Léon Tolstoï publia un ouvrage « Guerre et Paix » où l’histoire se déroule en Russie à l’époque de Napoléon Bonaparte, et notamment en 1812, lors de la campagne de Russie.

Entre septembre et novembre 1880, le célèbre compositeur Piotr Illitch Tchaïkovski compose son « Ouverture solennelle 1812 en mi bémol majeur », pour commémorer la victoire de la Russie lors des guerres napoléoniennes. Dans cette œuvre musicale, on peut notamment entendre le thème de la Marseillaise pour symboliser l’armée française.

Mais aussi dans les monuments !

L'arche de l'État-major en face du palais d’Hiver

Il fallait bien évidemment montrer à tous la grandeur de l’armée russe dans cette bataille. Ainsi, de nombreux bâtiments ont été édifiés pour commémorer la victoire de la Russie contre les guerres napoléoniennes.

À Moscou, vous trouverez le manège, situé à proximité du Kremlin. Sa construction débuta en 1817, date du cinquième anniversaire de cette bataille. Il servit dans un premier temps à abriter les parades de cavaliers qui défilaient à cette occasion.

À Saint-Pétersbourg, vous en trouverez surtout sur la place du Palais. Face à l’Ermitage, à l’autre bout de la place, se tient le majestueux bâtiment de l’Etat-Major, édifié par le tsar Alexandre Ier, pour célébrer cette victoire. Dans le style Empire, il est composé d’un double arc de triomphe, ainsi que d’un quadrige romain qui domine la place du Palais. Au centre de cette place, la colonne d’Alexandre, du nom du tsar de l’époque, a aussi été créée dans ce but. En vous éloignant du centre-ville, vous découvrirez l’arc de Triomphe de Narva (station de métro Narvskaya) qui fait écho à l’Arc de Triomphe de Paris que Napoléon Bonaparte fit construire. On peut dire que l’on savait se moquer de son ennemi de manière grandiose à cette époque !

Pour conclure, voici une citation de Bonaparte qui illustre parfaitement cet article : « C’est dans les temps difficiles que les grands hommes déploient toute l’énergie de leur caractère et deviennent un objet d’admiration pour la postérité. »